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samedi 2 avril 2011

Dépêches du vendredi 1er avril 2011


Actualités Tunisie :
Conseil des ministres « fructueux » (TAP) :
Voilà longtemps qu’on n’avait pas vu autant de décisions politiques dans la même journée. Ce vendredi, les ministres se sont réunis à Carthage lors d’un conseil présidé par le Président par intérim (Mr. Fouad Mebazaa) pour approuver plusieurs projets de loi dont les plus importants visent le soutien à :
  • l’économie (soutient aux entreprises, soutient aux secteurs agricole et de pêche) ;
  • l’emploi (création de 20.000 postes au sein de la fonction publique, création de stages et aides aux chômeurs accrues) ;
  • le développement régional (restructuration du budget et allocation aux autorités régionales et locales).
Le Gouvernement a par ailleurs appelé les tunisiens à reprendre le travail (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait) et à redoubler d’effort (pour ceux qui y sont déjà). Des mesures et des déclarations que nous suivons avec attention…

vendredi 1 avril 2011

On a testé pour vous : Vincent Cespedes



Espace culturel AYKART
El Omrane 1005
Tunis, le 22 / 03 / 2011



Dans cette salle étroite du centre culturel AYKART, nous étions une quarantaine de têtes à attendre l'entrée en scène de la rock star Cespedes. La veille, l'événement Facebook annonçait 140 participants. Comment ces quatres murs tapissés de livres et d'Histoire auraient pu accueillir autant de monde ?
C'est finalement dans une ambiance intimiste que nous nous apprêtions à assister à la conférence du philosphe.

Vincent Cespedes, 37 ans, français, auteur d'une bonne douzaine d'essais et conférencier dans le monde entier, le débat de société est son créneau. 
Dans la salle, des femmes pour la plupart. Pas étonnant, lorsqu'on sait que dans son dernier livre "L'homme expliqué aux femmes" (Flammarion, 2010), il définit cette dernière comme "une couille à elle toute seule, alors que l'homme n'a que deux petits échantillons".
L'égo est flatté, on se rue pour applaudir ce que Cespedes aime à appeler le "paradoxe des testicules".
Me direz-vous, la philosophie a bien évolué depuis Platon... Désormais, du demos cratos on passe à l'iDémocratie : l'intelligence connective, qui sera le principal sujet de cette conférence.

Ce qu'on retiendra, c'est surtout cette formule : le "d'où tu parles ?". Pas de jargon philosophique complexe ici, le "d'où tu parles ?" est la conscience de toute chose. Dans cette atmosphère de transition démocratique, le débat d'idées qui sévit dans les cafés, sur les plateaux télés et entre les couloirs des facultés chauffe les esprits. Mr. Cespedes nous rappelle l'importance capitale de s'attaquer aux idées, non aux personnes. Débattre avec quelqu'un, c'est combattre avec courtoisie ses idées. L'urgence ici est la dépersonnification. C'est là que le "d'où tu parles ?" intervient : Des idées sont dans l'arène, elles s'affrontent. L'une interroge l'autre sur son origine. Les réponses fusent : "Je puise mes sources dans le marxisme-léninisme" s'écrie l'une, "Moi dans le salafisme" s'écrie l'autre. "Et moi dans le tanbirisme".
D'où tu parles ?

C'était là le concept le plus intéressant de la conférence, l'exposé qui suivit étant une mise en garde assez superflue contre l'instauration d'une démocratie de masse ou d'une buraucratie, au choix.
S'ajoute à ces menaces le rôle d'Internet, l'outil garant de la révolution, un coup gentil, un coup méchant. Internet, le Dark Vador des réseaux intergalactiques, révèle à une iRévolution éberluée : "Je suis ton père".
Un éternel débat un tantinet lassant, qui s'achève néanmoins sur une note positive : Vincent Cespedes, la philosophie avec vous, c'est quand vous voulez.



Myriam Ben Slimane

Dépêches du jeudi 31 mars 2011




Actualités Tunisie :
Reprise des manifestations dans le centre de Tunis (Source : AFP)
Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi dans le centre de Tunis pour dénoncer des "mises en scène politique" des autorités de transition et réclamer des "changements concrets".
« Les protestations, les sit-in et les grèves ne sont plus tolérables et ne doivent pas continuer, même si elles s'appuient sur des revendications légitimes. » a indiqué mercredi soir le Premier ministre par intérim Béji Caïd Essebsi dans une interview télévisée.
Pourtant, un appel a été lancé pour une grande manifestation vendredi place de la Kasbah, épicentre de de la contestation post-révolutionnaire.