Espace culturel AYKART
El Omrane 1005
Tunis, le 22 / 03 / 2011
Dans cette salle étroite du centre culturel AYKART, nous étions une quarantaine de têtes à attendre l'entrée en scène de la rock star Cespedes. La veille, l'événement Facebook annonçait 140 participants. Comment ces quatres murs tapissés de livres et d'Histoire auraient pu accueillir autant de monde ?
C'est finalement dans une ambiance intimiste que nous nous apprêtions à assister à la conférence du philosphe.
Vincent Cespedes, 37 ans, français, auteur d'une bonne douzaine d'essais et conférencier dans le monde entier, le débat de société est son créneau.
Dans la salle, des femmes pour la plupart. Pas étonnant, lorsqu'on sait que dans son dernier livre "L'homme expliqué aux femmes" (Flammarion, 2010), il définit cette dernière comme "une couille à elle toute seule, alors que l'homme n'a que deux petits échantillons".
L'égo est flatté, on se rue pour applaudir ce que Cespedes aime à appeler le "paradoxe des testicules".
Me direz-vous, la philosophie a bien évolué depuis Platon... Désormais, du demos cratos on passe à l'iDémocratie : l'intelligence connective, qui sera le principal sujet de cette conférence.
Ce qu'on retiendra, c'est surtout cette formule : le "d'où tu parles ?". Pas de jargon philosophique complexe ici, le "d'où tu parles ?" est la conscience de toute chose. Dans cette atmosphère de transition démocratique, le débat d'idées qui sévit dans les cafés, sur les plateaux télés et entre les couloirs des facultés chauffe les esprits. Mr. Cespedes nous rappelle l'importance capitale de s'attaquer aux idées, non aux personnes. Débattre avec quelqu'un, c'est combattre avec courtoisie ses idées. L'urgence ici est la dépersonnification. C'est là que le "d'où tu parles ?" intervient : Des idées sont dans l'arène, elles s'affrontent. L'une interroge l'autre sur son origine. Les réponses fusent : "Je puise mes sources dans le marxisme-léninisme" s'écrie l'une, "Moi dans le salafisme" s'écrie l'autre. "Et moi dans le tanbirisme".
D'où tu parles ?
C'était là le concept le plus intéressant de la conférence, l'exposé qui suivit étant une mise en garde assez superflue contre l'instauration d'une démocratie de masse ou d'une buraucratie, au choix.
S'ajoute à ces menaces le rôle d'Internet, l'outil garant de la révolution, un coup gentil, un coup méchant. Internet, le Dark Vador des réseaux intergalactiques, révèle à une iRévolution éberluée : "Je suis ton père".
Un éternel débat un tantinet lassant, qui s'achève néanmoins sur une note positive : Vincent Cespedes, la philosophie avec vous, c'est quand vous voulez.
Myriam Ben Slimane


J'ai trouvé la conférence passionnante, et contrairement à vous la distinction des 2 risques démocratiques (démocratie consumériste, ou démocratie technocratique) exceptionnelle !! Car elle montre combien la démocratie est périlleuse, et cela permet de "désoccidentaliser" la société de consommation, si souvent diabolisée par les intégristes.
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