Actualités Tunisie
Conférence de presse de Mr Béji Caïd-Essebsi exposant les amendements du projet de loi électorale proposé par l’I.S.R.O.R.R.P (source : TAP)
Mr Béji Caïd-Essebsi s’est exprimé aujourd’hui au Palais du Gouvernement à la Kasbah au sujet du projet de décret-loi proposé il y a de cela quelques jours, par l’Instance Supérieure Pour la Réalisation des Objectifs de la Révolution, de la Réforme Politique et de la transition démocratique.
S’agissant de la question de la parité hommes-femmes des prochaines listes électorales, le 1er Ministre a salué cette initiative, la qualifiant ainsi d’ « avancée révolutionnaire historique ». Ainsi les marques de dissidences à ce sujet, avançant l’argument de la difficulté des régions rurales à proposer de telles listes ou encore que notre pays doive être mu par l’idée de mérite et non de facilité, il semble que le gouvernement provisoire ait finalement opté pour la voie de l’avancement et ait renoué avec la tradition avant-gardiste de la Tunisie.
Ensuite, s’agissant de la question de l’inéligibilité de toutes les personnes ayant occupé des postes à responsabilités au sein du RCD et ce pendant 23 ans, le gouvernement provisoire a ramené cette période à dix ans sur la base d’une liste nominative qui sera fixée par décret ultérieurement et qui inclura également les anciens membres du cabinet présidentiel. Cet amendement s’inscrit dans une volonté de pragmatisme et de respect des principes d’innocence et de prescription légale et du droit de tout un chacun à un procès juste et équitable. Ces amendements permettent à la fois de responsabiliser le RCD et de cerner d’avantage les complices invétérés du dictateur déchu. Ils marquent également une volonté réelle de s’éloigner des basses tentations vengeresses, préférant ainsi la réconciliation nationale, posant ainsi les bases d’un état de droit.
Le rapport complet de la Cour des Comptes sera enfin rendu public, à la demande de Mr Fouez Mebazaa, Président de la République par intérim. (source Business News)
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| Mme Faiza Kéfi, 1ère présidence de la Cour des Comptes |
Composante majeure de tout système démocratique, la Cour des Comptes a souffert depuis sa création en 1968 (concourremment au Tribunal Administratif, qui réunies constituent le Conseil d’Etat ) d’une volonté délibérée du pouvoir dictatorial de la relayer au second plan alors que celle-ci est censée être en principe à la fois un organe juridictionnel et une institution de contrôle et de gestion des deniers publics tels qu’ils sont répartis entre notamment l’Etat, les collectivités publiques territoriales, les entreprises publiques et les établissements publics à caractère administratif, industriel et commercial Disposant en théorie d’un large pouvoir d’appréciation et d’évaluation des travaux des gestionnaires des deniers publics, la Cour des Comptes a hélas été muselée et usurpée pendant de trop longues années, puisque seule une partie de ses rapports annuels étaient rendus publiques.
Au vu de la situation économique et financière du pays des plus alarmantes, le Président de la République par intérim Mr Foued Mebazaa a ainsi pris l’initiative de rendre public l’ensemble du rapport annuel de la Cour des Comptes (2010) et a ordonné également la publication des rapports des cinq dernières années. L’absence délibérée de transparence dans la gestion des deniers publics à laquelle s’ajoutait l’obscurantisme des projets de lois de finances semble s’éclaircir peu à peu dans ce contexte économique difficile que traverse la Tunisie actuellement.
Cette avancée considérable a également été marquée par l’entrevue qu’a accordé le Président par intérim à Mr Mustapha Kamal Nabli, président de la Banque Centrale de Tunisie, au cours de laquelle il était question d’une part des états financiers de la BCT pour l’année 2010 et d’autre part, de l’intérêt que porte le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale à la Tunisie. En effet, le ministre des finances, Mr Jaloul Ayed, s’est rendu aujourd’hui à Washington afin de s’entretenir avec plusieurs hauts responsables des institutions citées précédemment ainsi que les ministres du G8. L’état de santé financier et économique du pays semble ainsi être une préoccupation majeure du gouvernement de transition, puisque lors de la même conférence accordée par Mr Béji Caïd- Essebsi ce matin, il était question de la nécessité de procéder à une politique de relance économique, basée sur la création d’emploi et l’incitation aux investissements.
Actualités Internationales
Le port de Misrata aux main des forces pro-Kaddhafi et poursuite des bombardements des forces de l’OTAN
Lien vital avec l'extérieur, notamment pour l'évacuation des blessés depuis que les accès routiers sont coupés, le port de Misrata, dans l'ouest libyen, a été attaqué par les forces fidèles au Colonel Kadhafi. Un bateau de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), venu poursuivre l'évacuation des milliers d'Africains bloqués dans le port, a dû s'éloigner par mesure de sécurité.
Quant aux frappes de l’OTAN, elles se poursuivent malgré les réticences de Moscou. Le délégué de la Russie au Conseil de Sécurité des Nations Unies a déclaré aujourd’hui que toute résolution qui mènerait à un risque de guerre civile ne saurait être acceptée.
Toutefois, il semble que l’étau se resserre autour du colonel lybien puisque la nuit dernère, une frappe aérienne a détruit un bâtiment de sa résidence à Tripoli ainsi qu’un centre de communication pouvant abriter un bunker.
Tout ceci aggrave la situation humanitaire à la frontière tuniso-libyenne : le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé un chiffre avoisinant les 30 000 libyens tentant de fuir les violences, pour aujourd’hui seulement.
Au total, plus de 600.000 personnes ont fui les violences en Libye depuis la mi-février.
Bachar Al-Assad pérpetue les répressions sanglantes en Syrie (source : France 24, Euronews)
L'armée syrienne a fait appel à des renforts pour tenter de mettre fin, à Deraa, au mouvement de révolte qui s'est emparé de cette ville, épicentre de la contestation. selon un mouvement syrien de défense des droits de l'homme, 20 civils ont été tués pour la seule journée de mardi.
Les critiques occidentales sont restées discrètes, en partie de crainte qu'un effondrement de la minorité alaouite au pouvoir déclenche un conflit interconfessionnel dans ce pays à dominante sunnite, mais aussi parce que Washington espérait que la Syrie s'éloignerait de son allié iranien et s'acheminerait vers un accord de paix avec Israël.
Les pays arabes, prompts à critiquer la répression des insurgés libyens par Kadhafi, nourrissent des préoccupations similaires et ont gardé le silence alors que le bilan de plus de cinq semaines de troubles en Syrie dépasse les 400 morts, selon l'organisation syrienne des droits de l'homme Saouassiah.
Jihane Ben Yahia



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