Actualités Tunisie
Un communiqué du ministère de l’Intérieur indique que douze (12) personnes ont été blessées et trois (3) sont décédées dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité aujourd’hui dans le centre de Tunis.
On assiste ainsi à la déconnexion pure et simple de la réalité de la part d’un dictateur qui vit ses derniers jours comme l’indiquent de nombreuses chancelleries étrangères. La France au premier rang a déclaré à travers N. Sarkozy que « Kadhafi doit partir ».
Nouvelles violences dans le centre de Tunis (TAP)
Un communiqué du ministère de l’Intérieur indique que douze (12) personnes ont été blessées et trois (3) sont décédées dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité aujourd’hui dans le centre de Tunis. Par ailleurs, de nombreux agents de police ont été blessés, dont quelques uns gravement.
Ces nouveaux heurts se sont également soldés par l’arrestation de plus d’une centaine de personnes.
Le ministère précise que ce ne sont pas tous les manifestants mais bien une petite clique de casseurs et de fauteurs de troubles qui se sont infiltrés dans la manifestation pour semer le chaos allant même jusqu’à faire exploser une bombonne de gaz domestique sur l’avenue Habib Bourguiba.
Résultat de ces échaux fourrés, les autorités indiquent que l’espace s’étendant de l’avenue elle-même jusqu’aux places de l’indépendance et du 14 janvier (place d’Afrique) sera fermé à la circulation et aux piétons jusqu’à dimanche minuit en prévention d’éventuels affrontements.
Poursuite de la grève des agents de la télévision nationale (TAP)
Les journalistes et techniciens des deux chaînes publiques poursuivent leur mouvement de grève jusqu’à « l’acceptation de toutes leurs revendications ».
Ces revendications tournent autour de la démission d’un grand nombre de directeurs et de l’élection d’un nouveau comité de direction.
En effet, les accusations sont lourdes contre de nombreux haut-placés tenus pour responsables de la désinformation ambiante.
Cette grève a eu pour conséquence l’absence à l’antenne de bulletins d’informations depuis vendredi.
Le conseil des ministres approuve la liste des 110 (Business News)
Réunis vendredi, le conseil des ministres a approuvé la liste préliminaire de 110 personnalités proches de l’ancien Président Ben Ali. Un décret-loi porte saisie des avoirs, des biens meubles et immeubles de ces individus soupçonnés pour la plupart de corruption et de malversation. La liste est consultable ici.
Seul problème : sont absents de cette liste Zine el Abidine Ben Ali et Leïla Trabelsi Ben Ali dont les avoirs ne sont donc officiellement pas gelés ni saisis. De même, certains noms figurant sur la liste sont ceux d’individus qui n’ont pas fuis mais qui en plus se sont livrés par eux à la police, ce qui laisse perplexe quant à leur figuration sur cette liste.
D’autres incidents dans le reste du pays (TAP)
A Gabès, tout d’abord, où tout le service administratif a subit ce samedi une paralysie quasi-totale. Sont touchés le siège du Gouvernorat, la municipalité, la délégation et les directions régionales.
Cette paralysie est due au sit-in organisé par les fonctionnaires publics qui pour une fois ne demande pas le départ mais le retour de Mr. Moncef Khemiri à la tête du Gouvernorat.
A Tozeur, ensuite, de nombreux services administratifs et de sécurité ont été saccagés. Un groupe de 300 personnes ont attaqué les bureaux locaux de Tunisair, de la garde nationale, du marché local et de la brigade des enquêtes judiciaires malgré les tentatives de l’armée de disperser la foule.
La situation est revenue au calme vers 22h heure locale.
Actualités internationales
Libye : la révolution suit son cours (médias étrangers)
Ce samedi a été une journée de violence de plus de l’autre côté de la frontière. Kadhafi tient bon mais perd beaucoup de terrain. Il s’est retranché, selon de nombreuses sources concordantes, sur son bunker de Tripoli, entouré de ses fidèles.
Le guide, au sommet de sa folie, a lancé un message de haine et de violence à ses partisans, les appelant à se battre « jusqu’à la dernière goute de sang ».
On assiste ainsi à la déconnexion pure et simple de la réalité de la part d’un dictateur qui vit ses derniers jours comme l’indiquent de nombreuses chancelleries étrangères. La France au premier rang a déclaré à travers N. Sarkozy que « Kadhafi doit partir ».Dans l’est du pays, les citoyens se sont joints à l’armée pour protéger les approvisionnements de gaz et de pétrole alors qu’à l’ouest la contestation gagne du terrain et atteint désormais les portes de la capitale après la chute de la ville de Zawiyah aux mains des protestataires.
Par ailleurs, dans un communiqué de son Secrétaire général, l’ONU évalue à plus de mille (1000) le nombre de morts au 11 jour de contestation dans le pays faisant peser une lourde présomption de crimes contre l’humanité. Après la suspension de la participation de la Libye au Conseil des Droits de l’Homme, c’est au tour du Conseil de sécurité de penser à d’éventuelles lourdes sanctions contre Tripoli alors même que les Etats-Unis ont commencé à prendre des mesures, jusque là financières, sans exclure l’issue militaire.
Libye : La crise continue d’inquiéter la communauté internationale
Les évènements en Libye font craindre l’imminence d’une crise humanitaire dans les pays voisins, Egypte et Tunisie. Depuis le début de la contestation, un exode massif a provoqué le déplacement de plus de trente cinq mille personnes (35.000) de toutes nationalités vers la Tunisie. Les différentes associations commencent à être débordées par le flux de migrants et le Croissant Rouge tunisien a demandé l’aide de l’Egypte dans la gestion de la crise.
Les tunisiens continuent quant à eux de se mobiliser à travers des campagnes de dons et des caravanes de vivres et d’aides médicales.
En parallèle, les autres pays continuent de rapatrier leurs ressortissants : la Chine, la Grande Bretagne, les Etats-Unis et d’autres ont envoyé ce samedi des navires de guerre pour rapatrier plus de 3000 personnes encore livrées aux violences.
Dans ce contexte, la Tunisie a elle aussi envoyé el Habib qui a quitté ce samedi le port de Benghazi et Tunisair a affrété de nombreux avions pour le rapatriement des tunisiens encore bloqués à Tripoli. Tout cela dans une ambiance chaotique, rapportent des témoins.
Des manifestations dans le reste du Monde arabe
En Algérie d’abord, une nouvelle manifestation à Alger a montré l’essoufflement du mouvement entrepris par l’opposition il y a trois semaines.
A Bahreïn, le Roi multiplie les gestes d’apaisements. Le dernier en date est la libération ce samedi d’une figure emblématique de l’opposition chiite Hassan Mushaimaa. Malgré cela le mouvement ne faiblit pas au 11 jour de contestation. Rappelons que les violences ont déjà fait 7 morts à Bahreïn.
Au Yémen, où la contestation contre le Régime du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans ne faiblit pas non plus. Ce samedi a été marqué par la déclaration faite par de nombreux chefs de tribus. Ils ont en effet annoncé rejoindre les manifestants pour appeler au départ du Président. Tout cela va certainement nourrir le mouvement.
Pour résumer, une situation très ‘‘fragile’’ en Tunisie avec une crise politique à Tunis, des violences dans quelques villes du pays et les prémices d’une crise humanitaire à la frontière libyenne. La Libye qui souffre, elle encore et toujours, de la folie meurtrière de son guide, lui-même aux abois.
A suivre,
Zied Boussen


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