
Voilà 15 jours déjà qu’une partie des égyptiens proteste. Un mouvement symbolisé par un lieu (place Tahrir ») et par un mot d’ordre(« Moubarak Dégage ! »).
Des protestations qui font suite au vent de liberté qui a soufflé sur la Tunisie et a déraciné Ben Ali le 14 janvier 2011. Tout comme au pays du jasmin, les revendications égyptiennes tournent beaucoup autour des libertés et de la justice et s’insurgent contre la corruption, véritable fléau du Nil.
Pour tout dire, les deux ‘‘événements’’ se ressemblent en de nombreux points.
D’abord par une lente montée du ras-le-bol et du désespoir. Ensuite, par sa propagation comme une trainée de poudre à travers tout le pays. Les langues se délient, les poings se referment, les mâchoires se crispent et les voix s’élèvent contre les abus de ces régimes maintenus pour diverses raisons, à tort ou à raison, aux dépens des hommes et des femmes qui moins que citoyens, étaient relégués au statut de sujets, serfs des temps modernes.
Ce qui est impossible à faire, c’est réduire ces mouvements à de simples révoltes sociales : la preuve étant que baisser les prix des denrées alimentaires, augmenter même les salaires n’a pas suffit à calmer les esprits. C’est bel et bien la liberté et l’équité que veulent ces peuples.
Cette équité passe par une bonne distribution des richesses. Un principe qui, sans rentrer dans les détails, veut que le pouvoir ne peut s’enrichir indéfiniment sur le dos du peuple. C’est sur ce tout dernier point que les esprits s’échauffent rapidement. Comme en Tunisie, des informations circulent en Egypte, faisant état de la fortune du clan Moubarak : une fortune évaluée à plus de 40 milliards de dollars…
Par ailleurs, dans les deux pays, deux acteurs attendus se manifestent jour après jour : l’Armée d’abord, qui en Tunisie continue de s’activer en rappelant dernièrement ses réservistes pour le maintien de l’ordre et qui en Egypte travaille en coulisses à la stabilisation du pays par tous les moyens ; ensuite, la frange religieuse de la scène politique, avec le récent retour de Rached Ghannouchi en Tunisie après plus de 20 ans d’exil et la pression intense des Frères musulmans sur le gouvernement égyptien, se plaçant, de fait mais tardivement, à la tête du mouvement anti-Moubarak.

De nombreuses convergences que beaucoup ont souligné entre les deux situations : du mouvement en soi au rôle de l’armée, en passant par les interventions du chef de l’Etat ou des interventions étrangères (même si souvent seulement supposées), nous donnent à nous, tunisiens, une impression de déjà-vu.
En espérant que l’Histoire osera se répéter jusqu’au bout…
Zied Boussen


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