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mardi 22 mars 2011

Dépêches du lundi 21 mars 2011


Actualités nationales

Secteur bancaire, secteur touristique : des prévisions aux antipodes (Source : TAP et Web Manager Center)

Selon un rapport de l’Oxford Business Group, le secteur bancaire tunisien semble avoir enregistré de bonnes performances en 2010 et serait sur la bonne voie pour  tirer les fruits des prévisions économiques mondiales (encourageantes) en 2011.  Malgré l’absence de projets à long terme, les autorités politiques (gouvernement provisoire et Banque Centrale) ont pris des mesures conjoncturelles pour assurer la stabilité du système dans son ensemble. Ces mesures concernent les entreprises ayant subi des dommages et pertes au cours des derniers évènements (prise en charge par l’Etat de 50% des cotisations patronales au régime de sécurité social,  d’une partie des crédits bancaires octroyés et d’un report de la déclaration d’impôt sur les sociétés relatif à l’exercice 2010 à septembre 2011).
Cet enthousiasme est cependant loin d’être partagé dans le secteur du tourisme : baisse de 41 % des recettes en devises, de 60 % des nuitées et de 42 % des entrées touristiques, (H. Ammar, directeur de l’Office National du Tourisme Tunisien). Ces chiffres alarmants ont poussé à la fois les politiques et les professionnels du métier à initier un plan de relance drastique, sans quoi, plus de 400 000 emplois directs et indirects seraient menacés. A ce titre, le secrétaire d’Etat français chargé du tourisme, Frédéric Lefèvre s’est rendu à Tunis en compagnie des présidents des organisations professionnelles des tour-opérateurs et des agences de voyages, afin de réaffirmer l’engagement de la France en faveur des réformes en cours après la révolution.

Ras Jdir ou la nouvelle plaque tournante de la région (source : Le Monde et Web Manager Center)


Tout d’abord, les quatre journalistes du New York Times arrêtés la semaine dernière par les forces de Kaddhafi ont rejoint hier soir Tripoli avant d’être transférés ce matin au poste-frontière tunisien de Ras Jdir.

Ensuite, des corps diplomatiques dont l’ambassadeur de Russie, d’Indonésie et de Philippines ont rejoint le point de ralliement avant d’être dirigés vers l’aéroport de Djerba-Zarzis.

Selon les autorités sises à Ras Jdir, 927 personnes ont traversées la frontière tuniso-lybienne aujourd’hui.

Enfin,  suite à la résolution votée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’afflux de nouveaux réfugiés et blessés ne saurait tarder. C’est pourquoi  des représentants de la santé publique,  des responsables militaires et de la protection civile se sont réunis pour prendre toutes les mesures sanitaires et humanitaires nécessaires. Ainsi, quelque 40 salles d'opérations seront aménagées et équipées dans plusieurs hôpitaux, en plus de la mise en place de deux centres de transfusion sanguine à Ben Guerdane et Tataouine.
Dix ambulances, deux hélicoptères militaires et des véhicules militaires d'une capacité de transport de 50 à 60 personnes seront, également, mobilisés au camp de Choucha.
Les ONG tunisiennes sont unanimes sur la nécessité de se déployer en urgence dans les régions (Source : ATP)

A Tunis, les séminaires ont le vent en poupe et pour cause, pas moins d’une dizaine ont été organisés ces deux dernières semaines. Ainsi, bon nombre d’ONG tunisiennes (ATFD, CNLT, LTDH…) ont plaidé pour une présence accrue de la société civile dans les régions intérieures et ce, dans les plus brefs délais.
A cet égard, deux nouvelles sections de l'ATFD seront prochainement mises en place à Kairouan et à Gafsa. Idem pour la LTDH qui envisage aussi l'ouverture "dans quelques semaines" de sections dans tous les gouvernorats du pays "pour recueillir les doléances des citoyens", a annoncé M.Mokhtar Trifi.
L’importance du rôle de la société civile face à la persistance de la fracture qui existe entre les régions cotières et l’intérieur du pays, est indiscutable. Celle-ci remplira d’abord un rôle palliatif  puis subordonné à l’action des pouvoirs publics.

Actualités internationales

« La guerre pleut sur la Lybie » (Source : The Guardian, France 24 et Euronews)

Au troisième jour de l’intervention en Lybie, le flou qui entoure le commandement des opérations ne cesse de grandir. Au sein de la coalition --à laquelle participent du côté de l'UE la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Grèce, et l'Espagne-- des voix se font entendre, notamment au sujet du commandement de cette opération que plusieurs pays souhaiteraient voir confié à l'Otan (avec Berlusconi et Carmeron en chef de file). La position de la Ligue Arabe est quant à elle des plus aléatoires : dimanche Amr Moussa a qui avait soutenu l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, a estimé que les bombardements s’évartaient de leur but, avant de se rétracter aujourd’hui, considérant que ses propos avaient été mal interprétés.
Par ailleurs, la journée a été marquée par le bombardement de la ville de Sebha, fief de la tribu du colonel Kadhafi et surtout par la mort de 40 personnes à Misrata, troisième ville du pays.

Dans l'Est, les forces gouvernementales libyennes, qui avaient attaqué Benghazi samedi matin, ont reculé lundi jusqu'à Ajdabiya, à 160 km au sud.
              
Au sud-ouest de Tripoli, les forces loyalistes pilonnent depuis trois jours la région d'Al-Jabal Al-Gharbi, en particulier les villes de Zenten et Yefren sous contrôle de la rébellion, selon des habitants de la région évoquant des raids "très intensifs".
D’après les forces loyales au Colonel, ces raids auraient fait de nombreuses victimes parmi les civils, à l’instar du ministre français des affaires étrangères, Alain Jupé qui considère que les opérations menées ont permis d’éviter un « bain de sang » à Benghazi.

Le début de la fin pour Abdelaziz Abdallah Saleh

Pour le président yéménite, tout va bien. Près d’une centaines de personnes ont été tuées depuis vendredi mais Ali Abdallah Saleh continue a affirmer lundi que la "majorité du peuple" le soutient. Le plus important chef tribal au Yémen, cheikh Sadek al-Ahmar, a appelé pourtant le président à une "sortie honorable", dans une déclaration à la chaîne satellitaire Al-Jazira.

 Un groupe de 60 officiers de l'armée originaires de la province de Hadramout, dans le sud-est du pays, ont d'autre part décidé de se joindre à la protestation contre le régime. A Sanaa, des dizaines d'officiers de l'armée ont annoncé qu'ils se joignaient à la contestation devant le sit-in de l'Université de la capitale.

Ces annonces ont été faites après celle de l'un des principaux officiers de l'armée, le général Ali Mohsen al-Ahmar, qui a décidé rejoindre le mouvement. Les défections de responsables du régime se sont accélérées. 

Les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite et au Koweït ont annoncé se joindre au mouvement. Cinq ambassadeurs en Europe ont à leur tour demandé au président de démissionner. Le chef de l'Etat a limogé dimanche soir le gouvernement, après la démission de trois ministres. Des chars se sont déployés en force lundi à Sanaa, notamment autour du palais présidentiel. Les forces armées ont assuré qu'elles empêcheraient toute atteinte à "la légalité" à l'issue d'une réunion du Conseil de défense présidée par le chef de l'Etat.
La flemme du « printemps arabe » ne s’éteindra pas de si tôt

Au Bahreïn. Une force maritime koweïtienne est arrivée lundi à Bahreïn pour se joindre à la force du Conseil de coopération du Golfe (CCG) déployée dans ce pays pour contenir la contestation animée par des chiites. L'Arabie saoudite a envoyé plus d'un millier de soldats, les Emirats arabes unis 500 policiers et le Qatar a annoncé son intention d'envoyer des forces aux effectifs non précisés.
Ces unités font partie de la force commune du "Bouclier de la péninsule" formée par les six membres du CCG, qui compte aussi le sultanat d'Oman.

Au Maroc. Des milliers de Marocains ont manifesté dimanche, dans plusieurs villes, pour réclamer davantage de démocratie et moins de corruption, quelques jours après l'annonce par le roi Mohammed VI de profondes réformes politiques. Selon une source officielle, les manifestations auraient rassemblé quelque 35.000 personnes dans l'ensemble du pays en fin d'après-midi, soit un peu moins que les 37.000 annoncés par le ministère de l'Intérieur lors de la précédente journée de manifestations, le 20 février. Les organisateurs ont donné des chiffres nettement supérieurs.
Les manifestations se sont déroulées dans le calme dans les principales villes marocaines.
En Syrie(Sources : Euronews, France 24) : Des milliers de personnes ont défilé lundi à Deraa, dans le sud, après l'enterrement d'un manifestant tué la veille. L'armée s'est déployée aux portes de la ville. Après la répression qui a fait au moins un mort et une centaine de blessés dimanche, des centaines de contestataires ont incendié le Palais de justice et d'autres bâtiments dans la ville. Samedi, des dizaines de manifestants y avaient été arrêtés et plusieurs blessés, au lendemain d'une manifestation qui avait fait au moins quatre morts.
Le mouvement de protestations a été lancé le 15 mars à Damas après qu'un appel d'une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011", à des manifestations pour "une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception, sans corruption ni vols ni monopole des richesses".

Jihane Ben Yahia

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