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samedi 5 mars 2011

Dépêches du vendredi 4 mars 2011



Le 4 mars : solidarité, humour bourguibien, solutions conciliantes : 
« Tunisiens ! Soyez réalistes, demandez l’impossible ! »
Deux cheveux dans la soupe, et pas des moindres…
A vos marques..mangez !


Actualités Tunisie :
POLITIQUE :
Les deux chambres du parlement dissoutes de fait selon le Premier Ministre (nouvelobs)
L'annonce de la suspension de la Constitution en vigueur en Tunisie implique la dissolution de toutes les institutions qui en relèvent, et ce jusqu'à l'élection d'une assemblée constituante le 24 juillet prochain, a déclaré vendredi le nouveau Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi lors d'une rencontre avec la presse.
Selon lui, il en est ainsi des deux chambres du Parlement, la Chambre des députés et celle des conseillers (Sénat).

Cette dissolution de fait excepte cependant deux instances juridictionnelles constitutionnelles, le tribunal administratif et la Cour des comptes, selon un communiqué de la présidence intérimaire diffusé par l'agence officielle TAP.
Par ailleurs, M. Caïd Essebsi a avancé que le président de la République par intérim Fouad Mébazzaâ et les membres du gouvernement provisoire ne se présenteront pas à la prochaine élection présidentielle pour garantir un scrutin "crédible".
Les ministres désireux d'être candidats sont libres de se retirer de l'actuel gouvernement, a-t-il noté.
"Nous veillerons à ce que cette élection se fasse pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie en toute crédibilité et transparence, ce qui constituera un pas important vers la démocratie", a-t-il dit. 
Zoom Kaid Essebsi : l’homme de la situation ?(businessnews.com.tn)

La nomination de Monsieur Béji Caïd Essebsi comme Premier ministre a en principe tout pour rassurer. D’abord rassurée… la grande majorité des Tunisiens qui vivent avec angoisse la situation de leur pays. Des Tunisiens, au bord de la crise de nerfs après avoir vécu l’horreur des évènements du week-end dernier à Tunis et Kasserine, également rassurés, nos partenaires car ce faisant nous leur confirmons le maintien de nos choix stratégiques en matière de politique étrangère…
(point de vue à prendre en compte ici)
Caïd Essebsi, en père de famille, ferme et rassurant(kapitalis)
L’essentiel pour le Premier ministre par intérim est d’aller de l’avant. Le pays a souffert pendant deux décennies, il est au bord du chaos et la mission du peuple est de le sauver rapidement. «Il est de notre devoir d’entamer une nouvelle période après la révolution qui était nécessaire», a-t-il lancé aujourd’hui à un parterre de journalistes réunis au palais de Carthage et en présence de plusieurs ministres.
Pour M. Caïd Essebsi, le moment est grave et il n'y a plus de temps à perdre. Il faut tout d’abord restaurer la sécurité pour pouvoir travailler. «Mais pour travailler, il faut être honnête, transparent et avoir les mains propres», a-t-il dit en citant des versets coraniques. Caïd Essebsi a aussi passé en revue les raisons qui l’ont poussé à accepter cette responsabilité. «Lorsque le président par intérim m’a proposé le premier ministère, je ne vous cache pas, j’étais hésitant. J’ai travaillé pour mon pays pendant 35 ans et je me suis dit que  j’avais tout donné, que c’était suffisant et qu’il était temps de me reposer et de m’occuper de ma famille, d’avoir un peu de temps pour mes petits enfants. Mon épouse m’a rappelé que je n’ai pas vu grandir mes enfants. Mais après mûre réflexion, le devoir de la patrie m’a dicté ce qu’il fallait faire même si la responsabilité est si lourde et délicate. Ce qui me reste à vivre, je vais le consacrer à mon pays…», a-t-il dit. Et d’ajouter que les années ont certes leur poids, qu’il a fini par écrire un livre, il y a deux ans où il a raconté la Tunisie libre et indépendante et l’Etat souverain dont l’arabe est la langue et l’Islam la religion.
Les 3 grands axes de son discours (article complet sur businessnews.com.tn)
Après le déluge, la construction :
Le gouvernement nouveau sera constitué en deux jours, a promis Caïd Essebsi. «J’ai dit aux ministres, a-t-il ajouté, celui qui veut démissionner, qu’il le fasse et celui qui veut collaborer, qu’il s’engage pour le bien du pays». Traduire : pas de place dans le gouvernement pour les ministres qui ambitionnent de présenter leur candidature à la présidentielle. 
Rétablir l’ordre et la sécurité :
«Les deux décennies sous le règne d’une bande de malfaiteurs, qui a mis la main sur les biens du pays, mangé de la chair du peuple et bu de son sang, ont un poids», a déclaré le Premier ministre, par allusion à l’ex-président et à son clan. Et d’expliquer: «Le pays a été sous la cape de ces loups et j’espère que tout va changer».
Suspension de la Constitution de 1959 :
« Nous avons décidé la rupture définitive avec l’ancien régime et la suspension de la Constitution de 1959»
Un nouveau gouvernement tunisien dans 2 jours : (le figaro)
Le Premier ministre tunisien par intérim, Béji Caïd Essebsi, a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement dans les deux jours.
"Dans deux jours, je présenterai mon nouveau gouvernement au président par intérim (Fouad Mebazza)", a déclaré Essebsi lors d'une conférence de presse.
ECONOMIE :
Le prix de la revolution (lesechos.fr)
Le journal tunisien indépendant Le Quotidien, a appelé vendredi les Tunisiens à sauver l'économie du pays, mise à mal par un mois et demi de troubles et d'incertitude depuis la fuite du président déchu Zine El Abidine Ben ali, pour réussir la transition démocratique.
Les Tunisiens sont tenus de "retrousser les manches" car "la démocratie va de pair avec l'essor économique", écrit Le Quotidien, avertissant qu'"aujourd'hui tous les clignotants sont au rouge".
Le chômage, à l'origine du soulèvement populaire en Tunisie, s'aggrave avec "des unités industrielles saccagées" et "des milliers de Tunisiens qui affluent de Libye et qui gonflent les rangs des demandeurs d'emplois", explique-t-il.
"C'est un cri d'alarme que lancent les divers secteurs de l'économie ainsi que le tourisme", gravement affecté alors qu'il assure près de 7% du PIB, poursuit le journal, indiquant que 120 entreprises exportatrices "sont en faillite" et que 137 autres en difficulté "risquent de mettre la clé sous le paillasson".
LA RUE :
La kasbah se vide (nouvelobs)
Après un sit-in qui a duré 13 jours à l'air libre ou sous les tentes, les manifestants de ce qui a été appelé à l'origine "la caravane de la liberté" ont évacué vendredi la place de la Kasbah où se trouve le palais du gouvernement à Tunis.
La levée du sit-in a été décidée à la suite du discours prononcé jeudi soir par le président par intérim Fouad Mébazaâ, nombre d'entre eux jugeant qu'il avait répondu à la plupart de leurs revendications.
Zoom frontière libyenne :
Sirène d’alarme (lewesternculturel.fr)
Depuis deux jours, on observe un afflux de militaires et autres guerriers libyens à la frontière tuniso-libyenne. Un lourd armement se constitue depuis 48H. La raison de cette présence armée n'a pas d'explication logique. Le mégalomane de Tripoli souhaiterait-il ouvrir une zone de guerre avec l'ennemi tunisien? Histoire de faire diversion, de propager le chaos?
A suivre.
C’est la crise ! (nouvelobs)
Le flot de réfugiés fuyant la Libye s'est subitement tari, les forces fidèles à Moammar Kadhafi, lourdement armées, semant la violence et la peur aux frontières du pays, s'inquiétait vendredi le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.
Plus de 200.000 personnes ont fui vers les zones frontières avec la Tunisie, l'Egypte et le Niger depuis le début du soulèvement contre le régime libyen le 15 février. L'afflux de dizaines de milliers de travailleurs étrangers ces derniers jours a provoqué une crise humanitaire dans des villes frontalières comme Ras Jedir, dans le Sud tunisien, loin d'être prêtes à ces arrivées massives. Les satellites de l'ONU surveillent ces déplacements de population. Entre 15.000 et 18.000 personnes se trouvaient encore vendredi dans des camps de transit en Tunisie. L'ONU compte établir en Tunisie un second camp comme Ras Jedir, près de la frontière tuniso-libyenne.
A Ras Jedir, la puanteur rend l'air difficilement respirable, les déchets s'amoncellent, les maladies se propagent. La ville frontalière n'avait pas suffisamment de toilettes, de lits ni de nourriture pour faire face à un tel exode. Nombre des dizaines de milliers de travailleurs migrants qui ont passé la frontière y sont coincés depuis plusieurs jours, sans argent. Les conditions de vie, ou plutôt de survie sont déplorables, comme en témoignent certains réfugiés : "Le plus gros problème, c'est la logistique. Où mettre les gens, où installer les camps et aussi les préoccupations médicales", "On a vu apparaître des maladies de peau et quinze cas d'infections oculaires",  "Nous avons peur qu'il se mette à pleuvoir, et nous avons tellement froid", "Nous avons peur que si nous restons trop longtemps ici beaucoup de gens meurent"…
Tripoli « laisser entrer les humanitaires » (le figaro)
La commissaire européenne en charge de l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, "de plus en plus inquiète" de la situation des réfugiés à la frontière entre la Libye et la Tunisie, a demandé aujourd'hui aux autorités libyennes de laisser entrer les travailleurs humanitaires.
Mme Georgieva, de retour d'une visite à la frontière entre la Tunisie et la Libye, s'est dite "de plus en plus inquiète de la situation humanitaire sur le côté libyen de la frontière. Les informations au sujet de l'évolution de la situation sont peu nombreuses, les chiffres de ceux qui essaient de franchir la frontière sont inconnus et les besoins pourraient être importants".
"J'appelle les autorités libyennes et celles qui contrôlent des parties de la Libye à autoriser l'entrée dans le pays des travailleurs humanitaires et de faciliter leur accès à ceux qui ont besoin de notre aide", a ajouté Mme Georgieva. "La communauté humanitaire doit pouvoir être en mesure de fournir de l'aide sans dissuasion et sans menace", a-t-elle ajouté. L'UE coordonne depuis jeudi une vaste opération d'évacuation des réfugiés, principalement égyptiens, à la frontière tunisienne.


Actualités internationales :
Libye : Apocalypse now.
Kaddefi avait promis un bain de sang ..mais la lutte continue

L'Europe lance un pont aérien pour rapatrier les réfugiés (le figaro)
L'Union européenne a décidé de porter son assistance financière à 30 millions d'euros. Cet argent, a précisé la Commission européenne, servira à répondre «aux besoins les plus urgents de la population qui traverse les frontières libyennes»: nourriture, tentes, couvertures, aide médicale. De son côté, le HCR a indiqué qu'il comptait doubler les capacités d'accueil du camp de La Choucha à la frontière, qui peut accueillir environ 10.000 personnes actuellement.
Turquie : l’exemple laïque ébranlé ? (http://www.turquieeuropeenne.eu)
L’Etat turc de plus en plus autoritaire
Car n’oublions pas que « ce qu’on appelle le “modèle turc” n’est pas fini ; on est en plein mouvement. Où l’AKP va-t-il s’arrêter ? Le gouvernement va-t-il par exemple toucher au code civil ? », interroge l’expert gallois Gareth Jenkins, qui s’inquiète de l’actuelle dérive autoritaire du nouveau pouvoir turc. « Ce qui compte pour eux, désormais et de plus en plus, c’est de rendre les valeurs et l’identité musulmanes plus faciles à suivre par leur base ; ainsi l’alcool vient-il d’être interdit au moins de 25 ans dans les lieux publics », poursuit l’auteur de Political islam in Turkey (Palgrave, 2008) dont le sous titre « Running West, heading East ? » (« Faire route vers l’ouest, mettre le cap à l’est ») illustre parfaitement l’ambigüité actuelle à laquelle est confrontée la Turquie.
Aide américaine de 50 000 dollars pour les réfugiés en Tunisie et Libye (businessnews .com.tn)
L’ambassade des Etats-Unis d’Amérique fait un don de 50.000 dollars sous forme d’une assistance d’urgence au profit du Croissant Rouge tunisien, partenaire dans cette aide humanitaire sur les frontières tuniso-libyennes.

Karim Mili

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