L’Institute for Security Studies (ISS) et l’Association de Recherche sur la Démocratie et le Développement (AR2D) présentent :
EXPERIENCES DE TRANSITIONS DEMOCRATIQUES : quelle voie pour la Tunisie ?
Tunis, 9 et 10 Mars 2011, Hôtel Golden Tulip, Gammarth.
Deuxième jour du séminaire. La moyenne d’âge a nettement diminué, elle oscille désormais autour de 50 ans. Si le savoir, la sagesse et l’expérience de ces personnalités est sans conteste un atout, l’absence de participation des jeunes à ce genre d’évènements reste à déplorer. La faute à qui ? Sans doute aux organisateurs eux-mêmes qui, - logistique oblige - en restreignent l’accès. Ce qui en fait in fine un lieu de débat par des intellectuels et pour des intellectuels. Au risque de paraître ingrate envers les organisateurs qui ont pris la peine de nous inviter, je tenais malgré tout à souligner ce point, qui n’est, au final, qu’une critique constructive.
La brève présentation des intervenants par Mr Iizam Mahjoub (président de l’AR2D) annonce la couleur : "Aujourd’hui, on traitera de notions juridiques." On entre dans le vif du sujet : "On sera d’avantage pragmatique, ce qui n’est pas plus mal." Que les profanes du droit se rassurent, pas de cours magistral ennuyeux, on a eu droit à une belle démonstration de pédagogie !
L’on dressa un portrait de la transition opérée au Portugal ... Il s’agit là, sans conteste, d’expériences historiques que l’on se doit de connaître : pour se forger une certaine culture politique, il est nécessaire d’acquérir un minima de culture générale, il va de soi. Je vous invite à jeter un coup d’œil à ce lien : ICI
Le lendemain de la révolution des œillets a, tout comme la Tunisie de l'après 14 janvier, été marqué par un certain éparpillement du paysage politique (Aujourd’hui, le nombre de partis politiques en Tunisie s’élève à 44) mais une remarque attire particulièrement l’attention de l’assistance : aussi bien au Portugal que dans les anciennes démocraties populaires, la seule force politique réellement organisée, au lendemain de la Révolution, était le Parti Communiste. Dans le premier cas, les sceptres de la dictature de Salazar, ne faisaient qu’accentuer, - probablement à raison - la peur des extrêmes, la phobie des idéologies. Choix cornélien : les intégrer dans le processus de transition démocratique ou les exclure ? Le parallèle pour la Tunisie est très vite établi : les partis islamistes constituent-ils un péril pour la démocratie naissante en Tunisie ? La directrice de Casa Arabe à Madrid (équivalent d’un Institut du Monde Arabe parisien) affirme qu’exclure ces derniers équivaudrait à un « déni de société », dont les effets n’en seraient que plus néfastes.
Très vite, des voix se dressent et des mains s’agitent. Le silence quasi-religieux (pas de mauvais jeux de mots) de la veille se tarit. La salle se transforme en agora romaine : ce refus d’obtempérer avec les partis religieux, n’est-il pas surtout l’apanage de certains cercles intellectuels ? A méditer…
A titre indicatif, l’élection de l’assemblée constituante portugaise s’est soldée par un score de 12,5 % en faveur des communistes, 38% pour les socialistes, 28% pour le parti socio-démocrate et 8% pour les conservateurs.
Au final, il y avait une majorité relative au sein de la nouvelle constituante, le reste étant composé pour l’essentiel des "grands" partis. Et si cette assemblée constituante portugaise ne s’est pas transformée en "assemblée des partis", c’est bien grâce à la loi électorale qui a été préalablement révisée. Il va sans dire que seule une machine électorale performante permettra de garantir le bon déroulement du processus démocratique. Telle est la lourde tâche qui incombe à la Commission de la réforme politique, présidée par Mr Yadh Ben Achour. Toutes les notions sont à revoir : le scrutin, le mode de scrutin, le contrôle de la campagne électorale (commission électorale indépendante), le financement des partis, etc.
L’intervention de Messieurs Chafik Sarsar et Samir Taieb, professeur de droit à l’Université d’El Manar ont permis d’aborder ces notions juridiques, à consonnance barbare, mais dont la maîtrise est essentielle. "Voici une liste non exhaustive des notions les plus importantes dont nous traiterons plus en profondeur ":
- Qu’est-ce qu’un scrutin ? Il s’agit de l’ensemble des opérations qui composent un vote ou une élection. Par exemple, définir le scrutin de telles élections, c’est dire qu’elles se déroulent le dimanche, dans chaque commune, que le vote est secret etc…
- Qu’est-ce qu’un mode de scrutin ?
- Qu’est-ce qu’un scrutin uninominal / un scrutin de liste ?
- Qu’est-ce qu’un scrutin majoritaire / proportionnel ?
La fin du séminaire s’achève par l’arrivée du secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères M. Radhouane NOUISSER, ainsi que son homologue portugain Joao Gomes Cravinho. Evidemment, il s’agissait de discours purement politiques insistant sur la nécessité de requalifier les relations entre la Tunisie et les pays occidentaux. En tout cas, le Portugal semble être en première ligne pour reconsidérer les relations bilatérales entre les deux pays "amis" , comme ils aiment si bien dire…
Jihane Ben Yahia
Jihane Ben Yahia


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