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mercredi 2 mars 2011

Dépêches du mardi 1er Mars 2011


Actualités Tunisie

Démission de nouveaux membres du Gouvernement (TAP)
Cette journée du mardi 1er mars a été marquée, dans le pays, par la suite du mouvement de démission des membres du Gouvernement avec celle annoncée par Mr. Sami Zaoui, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’industrie et de la Technologie (Mr Afif Chelbi) qui avait lui-même démissionné hier.
Dans l’après-midi a suivi la démission d’un des membres de l’opposition (sous Ben Ali) et chef historique du Parti Démocratique Progressiste (PDP), Mr. Ahmed Nejib Chebbi, jusque-là ministre du Développement Régional et Local. Sa démission a été annoncée lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré craindre le vide politique et institutionnel qui plane sur la Tunisie. Il a également contesté, sur l’antenne de Shems FM, l’interdiction posée par le nouveau premier ministre Béji Caïed Essebsi quant à l’éventuelle participation à d’éventuelles élections d’une Assemblée Constituante pour les personnalités souhaitant se maintenir ou intégrer le nouveau gouvernement.

Amnesty International demande l’amorce d’enquêtes indépendantes (Amnesty International)
L’organisation non-gouvernementale a officiellement demandé aujourd’hui « l'ouverture immédiate d'enquêtes indépendantes » relatives à la répression perpétrée par les forces de sécurité et les forces de police à l’encontre des manifestants durant les mois de décembre et de janvier en Tunisie.
Cette demande fait suite à la publication d’un rapport (consultable ici) faisant état d’exécutions sommaires. Un rapport appuyé par des preuves concrètes.

Amnistie générale des détenus (TAP)
En application du premier décret-loi de l’année 2011 et entré en vigueur le 28 février 2011, les détenus tunisiens peuvent désormais bénéficier d’une amnistie pour les délits mineurs. Cette disposition ne concerne que les détenus, pas les évadés, qui doivent, eux, se présenter aux autorités de police pour en bénéficier.

Régularisation du mouvement islamiste Ennahdha (Site officiel)
Ce 1er mars restera comme une date clé dans cette période post-révolution avec l’autorisation accordée par les autorités au mouvement Ennahdha. Ce dernier peut désormais se constituer en parti politique malgré l’interdiction toujours en vigueur de ne pas soulever le symbole de la religion comme ligne politique.
Marque de cette régularisation, le mouvement met à disposition du grand public un numéro de téléphone et un site internet, en plus d’annoncer la nouvelle adresse du parti.

Graves risques de crise humanitaire à la frontière libyenne (France 24)
Plus de 75,000 réfugiés sont passés côté tunisien depuis le début de la Révolution en Libye, majoritairement, des tunisiens mais aussi des libyens. 40,000 à 45,000 personnes attendent de l’autre côté de la frontière fermée côté libyen alors que Tunis affirme ne pas l'avoir fermée de son côté (TAP).

Les ONG sur place et la Société Civile commencent à être sérieusement dépassées par le flot de réfugiés malgré l’aide européenne et onusienne.

Cette situation, couplée avec le manque de vivres et de médicaments et le mauvais temps ambiant, fait craindre la survenue d’une crise humanitaire dans le sud Tunisie.


Actualités Internationales


Libye : L’ONU suspend la participation de la Libye au Conseil des Droits de l’Homme (ONU)

Une décision mûrement discutée à l’ONU, c’est lors d’une réunion extraordinaire à Genève, au sein du siège du Conseil des Droits de l’Homme qu’est finalement votée à l’unanimité la suspension des droits de la Libye au sein de l’ONU.

C’est décision est accompagnée par l’annonce d’enquêtes internationales indépendantes relatives à d’éventuels crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

La Cour Pénale Internationale (CPI) étudie elle aussi la possibilité d’ouvrir une enquête afin de juger le colonel Kadhafi et certains de ses fidèles. Une initiative appuyée par de nombreux pays dont la France.

Par ailleurs, l’ONU a voté l’envoi d’un convoi d’aide humanitaire en Tunisie et en Egypte pour aider les autorités des deux pays à faire face à la vague de population fuyant les violences en Libye.


Libye : Kadhafi perd du terrain alors que l’opposition s’organise (Al Jazeera)

Le colonel-fou, désormais retranché à Tripoli après la chute de la quasi-totalité des villes de l’ouest, prépare une offensive contre la ville voisine de Zawiyah, craignant que l’opposition ne s’organise trop bien.

C’est d’ailleurs cette même opposition qui prévoit désormais de marcher sur la Tripolitaine, afin de la libérer et de mettre définitivement fin au régime sanguinaire de Kadhafi. Ce dernier, selon certaines sources, prévoit de bombarder par voie aérienne les villes « trop proches ».

En face de cela, les Etats-Unis ont officiellement déclaré l’arrivée au large des côtés libyennes de navires de guerre et de débarquement, excluant pour l’instant toute intervention armée, pour l’instant seulement ! 

La France quant à elle a exprimé, à travers son nouveau Ministre des Affaires Etrangères (Mr. Alain Juppé), l’impossibilité de toute intervention armée sans consultation de l’ONU et particulièrement du Conseil de Sécurité.


Yemen : La révolte continue (New York Times)
Au Yémen, le mouvement de contestation contre le président Saleh se poursuit dans les rues de Sanâa et de plusieurs autres villes du pays. Aujourd’hui, de nombreux étudiants sont encore descendus dans la rue alors que des responsables d’Al-Qaida ont annoncé qu'ils rejoignaient le mouvement, appelant au départ du chef de l’Etat.

Réponse du président : ces appels à sa destitution et le mouvement dans le monde arabe est une énième manipulation (encore !) directement orchestrée par Tel-Aviv et derrière, par la Maison Blanche. Peu sûr que cela calme la foule…

Iran : répression, répression… répression ! (France 24)
En Iran, la mort plane encore sur quiconque tente de défier le régime des Ayatollahs. Une répression « musclée » s’est organisée contre les manifestants, pris d’assauts par les forces de police dans les rues de Téhéran et d’autres villes du sud du pays.

Ces mouvements font suite à l’emprisonnement de grandes figures de l’opposition iranienne à Ahmadinedjad, dont Mir Hossein Mossavi et Karoubi. Ils dénoncent en effet dans leurs sites Internet l’arrestation de plusieurs manifestants alors que les médias officiels continuent de faire état d’un calme absolu dans le pays.

Zied Boussen

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